Mémoire d'un territoire

Reconversion d'une friche industrielle, La Plaine Saint Denis (93), 2007

Réflexion croisée entre un paysage industriel riche et des modes d’habiter non standard, à considérer comme des vecteurs d’un renouvellement urbain local, le projet s’appuie sur les constructions existantes et la sociologie de la "Petite Espagne" pour structurer un processus d’urbanisation alternatif.

 

La ville amnésique

Alors qu’elle était LA plateforme industrielle du nord parisien, la Plaine St Denis connaît depuis 15 ans un renouvellement urbain sans précédent qui risque de transformer à jamais ce territoire chargé d'histoire. Mélange de hangars, petits immeubles et maisons, ce territoire est aujourd’hui une trace de l’époque où l’industrie dominait le paysage et les modes de vie. Il se caractérise par la petite taille de ses rues et de ses bâtiments (R+1 ou R+2), organisés autour de grandes bâtisses industrielles.

 

Les habitants du quartier avaient pour habitude de vivre entre voisins, de s’aider, de vivre dehors, sur le pas de la porte, dans le jardinet, dans la rue où ils avaient disposé des tables et des chaises. Ils habitaient au rez-de-chaussée, proches les uns des autres, autour de règles qui se s’étaient établies avec le temps…

Aujourd’hui, ces constructions considérées comme insalubres commencent à disparaitre, emportant avec eux une certaine forme de sociablilité au sein du logement.

 

 

La Cour Revest vestige d’une époque

Au croisement du réseau Nord de la SNCF et de l’embranchement vers Soissons, ce terrain servait au début de vingtième siècle au transport de marchandises. Cette cour était louée par la SNCF à des entreprises privées qui firent construire un réseau ferré pour assurer la desserte des différents bâtiments affectés au stockage.

Aujourd’hui abandonnés les hangars sont pourtant en bon état et présentent des qualités d’espaces tout à fait adaptés à des usages domestiques ou collectifs.

 

 

Adapter plutôt que construire

La réflexion porte sur la reconversion de trois nefs parallèles en logements et surfaces d’activité, avec comme point de départ les typologies de maison à cour de Cristino Garcia.

 

C’est dans ce contexte que ce projet tente d’explorer une autre forme de renouvellement urbain, basé sur ce patrimoine humain et construit pour tenter préserver la diversité de type de logement, et créer un mode d’habiter local adapté aux aspirations des dyonisiens.

 

Programme : 550 Logements / Lycée / Gymnase  / Jardin à programmation libre

Surface habitable : Logements 36 500m² / Lycée 5 500m² / Gymnase 3000m²

 

Conception : Nicolas Genest